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Paroles Paysannes #7 - Sédric Konan, s’engager pour des démarches de certification plus rémunératrices

Articles - Image d'intro

Depuis 2019, l’UIREC et Afdi animent un projet favorisant la transition agroécologique des plantations de monoculture de cacaoyers[1]. Pour faire face à la perte de rendement liée notamment au vieillissement des plantations, aux dégâts des ravageurs (insectes, Swollen shoot, …) et aux effets de la sécheresse, l’accent a été mis sur le renforcement des capacités des producteurs dans les bonnes pratiques d’entretien des plantations : meilleure gestion de la densité, coupe sanitaire, suppression des gourmands, utilisation de bio-intrants, etc.

Puis, l’UIREC a lancé des réflexions pour introduire d’autres essences d’arbres dans les plantations de cacaoyers et orienter les parcelles vers des pratiques agroforestières. Cette diversification présente un intérêt agronomique (ombrage pour les cacaoyers), écologique (meilleure biodiversité) mais aussi économique (fruitiers, usages médicinaux, bois d’œuvre). Les effets de ces différents pratiques sont constatés avec une amélioration des rendements (passage de 300 à 500 kg à l’hectare sur une année). En complément, des formations pour les transformations post-récoltes, sont proposées aux planteurs.

Enfin, pour obtenir une meilleure valorisation de ce travail, l’UIREC a engagé une partie de ses membres dans une démarche de certification biologique.

« Nous avons choisi de nous engager dans la certification biologique afin d’inciter les producteurs au changement de comportement pour une agriculture durable et résiliente face aux effets du changement climatique, mais aussi pour permettre aux producteurs de booster leur production aussi bien en qualité qu’en quantité. Les primes issues de cette certification aideront ces producteurs à mieux vivre et à aider leur communauté à mieux amorcer le développement. »

Selon l’IPES-Food[1] « la certification est un moyen de garantir aux producteurs des prix rémunérateurs. Cependant, pour que ces prix ne se répercutent pas sur le pouvoir d’achat des consommateurs, une meilleure différenciation des produits agroécologiques doit s’accompagner d’une réorganisation des chaînes de valeur afin de réduire certains coûts (transport, pertes post-récolte, marges des intermédiaires, défauts logistiques etc.). »

Des certifications et des labels pour renforcer la visibilité des productions agroécologiques

Différentes certifications et labels contribuent à donner de la visibilité aux produits agroécologiques sur les marchés et à faciliter leur commercialisation. L’agroécologie est un concept qui a beaucoup évolué et qui renvoie tout à la fois à une discipline scientifique, à un ensemble de pratiques agricoles et à un mouvement social. D’autres concepts (agricultures biologique, raisonnée, intégrée, de conservation, climato-intelligente ou encore écologiquement intensive) qualifient des agricultures aux impacts moindres sur l’environnement dans une perspective de développement durable. Ces agricultures correspondent à différents niveaux d’agroécologie.

En Afrique, la certification Biologique prend de l’ampleur. Les cultures à l’export sont particulièrement concernées mais un marché local pour le bio se développe également pour les autres cultures, notamment avec l’utilisation des Systèmes participatifs de garantie. L’export, c’est la direction privilégiée par l’UIREC, faute de marché local suffisamment porteur.

« La difficulté à atteindre les marchés bio est aussi un grand problème et la recherche de marché (client ou acheteur) est l'étape clé pour valoriser tout le travail d'avant certification.»

Un parcours long et exigeant pour obtenir la certification bio

Malgré les bons résultats obtenus des premières campagnes, le passage à la production sous le label Bio n’est pas évident pour certains producteurs. Le processus de certification est long et coûteux. Pour pallier cela, l’UIREC a mis en place « des parcelles d'expérimentation pour passer au cacao bio. Au vu des résultats obtenus sur ces parcelles, les producteurs adhèrent plus facilement. Aujourd’hui, ce sont 200 producteurs de l’UIREC qui sont engagés dans la certification Bio. »

Que dire aux producteurs qui souhaitent s’engager dans cette démarche ?

« Selon notre petite expérience, pour réussir une telle démarche, il faut avant tout pouvoir compter sur des producteurs soucieux d'un tel projet. Il faut s'assurer qu’ils comprennent bien le mécanisme et le processus de certification. Une bonne équipe de suivi (inspecteur qualité et inspecteur interne) est également importante. Nous avons mobilisé et formé nos paysans-relais et nos animateurs de coopératives pour cela. Je conseille de faire plusieurs inspections inopinées dans les parcelles choisies pour la certification pour ne pas avoir de mauvaise surprise par la suite. 
Et puis, pour réussir, il faut disposer de moyens financiers parce que la formation ainsi que le matériel de géolocalisation et les prestations des tiers intervenants dans le processus, coûtent cher.»

[1] « Valeurs ajoutées de l’agroécologie : déverrouiller le potentiel de transition en Afrique de l’Ouest » paru en juillet 2020, l’IPES-Food


[1] Projet mis en œuvre avec le soutien financier de l’Araa de la CEDEAO et de l’AFD.

Source : Paroles Paysannes #7

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Paroles Paysannes #7 - Sédric Konan, s’engager pour des démarches de certification plus rémunératrices

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Depuis 2019, l’UIREC et Afdi animent un projet favorisant la transition agroécologique des plantations de monoculture de cacaoyers[1]. Pour faire face à la perte de rendement liée notamment au vieillissement des plantations, aux dégâts des ravageurs (insectes, Swollen shoot, …) et aux effets de la sécheresse, l’accent a été mis sur le renforcement des capacités des producteurs dans les bonnes pratiques d’entretien des plantations : meilleure gestion de la densité, coupe sanitaire, suppression des gourmands, utilisation de bio-intrants, etc.

Puis, l’UIREC a lancé des réflexions pour introduire d’autres essences d’arbres dans les plantations de cacaoyers et orienter les parcelles vers des pratiques agroforestières. Cette diversification présente un intérêt agronomique (ombrage pour les cacaoyers), écologique (meilleure biodiversité) mais aussi économique (fruitiers, usages médicinaux, bois d’œuvre). Les effets de ces différents pratiques sont constatés avec une amélioration des rendements (passage de 300 à 500 kg à l’hectare sur une année). En complément, des formations pour les transformations post-récoltes, sont proposées aux planteurs.

Enfin, pour obtenir une meilleure valorisation de ce travail, l’UIREC a engagé une partie de ses membres dans une démarche de certification biologique.

« Nous avons choisi de nous engager dans la certification biologique afin d’inciter les producteurs au changement de comportement pour une agriculture durable et résiliente face aux effets du changement climatique, mais aussi pour permettre aux producteurs de booster leur production aussi bien en qualité qu’en quantité. Les primes issues de cette certification aideront ces producteurs à mieux vivre et à aider leur communauté à mieux amorcer le développement. »

Selon l’IPES-Food[1] « la certification est un moyen de garantir aux producteurs des prix rémunérateurs. Cependant, pour que ces prix ne se répercutent pas sur le pouvoir d’achat des consommateurs, une meilleure différenciation des produits agroécologiques doit s’accompagner d’une réorganisation des chaînes de valeur afin de réduire certains coûts (transport, pertes post-récolte, marges des intermédiaires, défauts logistiques etc.). »

Des certifications et des labels pour renforcer la visibilité des productions agroécologiques

Différentes certifications et labels contribuent à donner de la visibilité aux produits agroécologiques sur les marchés et à faciliter leur commercialisation. L’agroécologie est un concept qui a beaucoup évolué et qui renvoie tout à la fois à une discipline scientifique, à un ensemble de pratiques agricoles et à un mouvement social. D’autres concepts (agricultures biologique, raisonnée, intégrée, de conservation, climato-intelligente ou encore écologiquement intensive) qualifient des agricultures aux impacts moindres sur l’environnement dans une perspective de développement durable. Ces agricultures correspondent à différents niveaux d’agroécologie.

En Afrique, la certification Biologique prend de l’ampleur. Les cultures à l’export sont particulièrement concernées mais un marché local pour le bio se développe également pour les autres cultures, notamment avec l’utilisation des Systèmes participatifs de garantie. L’export, c’est la direction privilégiée par l’UIREC, faute de marché local suffisamment porteur.

« La difficulté à atteindre les marchés bio est aussi un grand problème et la recherche de marché (client ou acheteur) est l'étape clé pour valoriser tout le travail d'avant certification.»

Un parcours long et exigeant pour obtenir la certification bio

Malgré les bons résultats obtenus des premières campagnes, le passage à la production sous le label Bio n’est pas évident pour certains producteurs. Le processus de certification est long et coûteux. Pour pallier cela, l’UIREC a mis en place « des parcelles d'expérimentation pour passer au cacao bio. Au vu des résultats obtenus sur ces parcelles, les producteurs adhèrent plus facilement. Aujourd’hui, ce sont 200 producteurs de l’UIREC qui sont engagés dans la certification Bio. »

Que dire aux producteurs qui souhaitent s’engager dans cette démarche ?

« Selon notre petite expérience, pour réussir une telle démarche, il faut avant tout pouvoir compter sur des producteurs soucieux d'un tel projet. Il faut s'assurer qu’ils comprennent bien le mécanisme et le processus de certification. Une bonne équipe de suivi (inspecteur qualité et inspecteur interne) est également importante. Nous avons mobilisé et formé nos paysans-relais et nos animateurs de coopératives pour cela. Je conseille de faire plusieurs inspections inopinées dans les parcelles choisies pour la certification pour ne pas avoir de mauvaise surprise par la suite. 
Et puis, pour réussir, il faut disposer de moyens financiers parce que la formation ainsi que le matériel de géolocalisation et les prestations des tiers intervenants dans le processus, coûtent cher.»

[1] « Valeurs ajoutées de l’agroécologie : déverrouiller le potentiel de transition en Afrique de l’Ouest » paru en juillet 2020, l’IPES-Food


[1] Projet mis en œuvre avec le soutien financier de l’Araa de la CEDEAO et de l’AFD.

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