
![]() |
OP régionale
|
MTF en bref |
![]() |
Dates clefs du parcours de MTF |
Notre partenariat d'appui |
Projet en cours |
![]() |
Contacts et réseaux sociaux |
Coordinateur : Velonera Tombozafy, mahavavytiafivoarana@gmail.com
Galerie photos |
Vidéo de présentation du partenariat MTF lors de l'AG 2026.
Le 21 mai 2026, la 47ème Assemblée Générale d'Afdi BFC, s'est tenue dans les locaux du Campus Montmorot dans la commune du même nom. Elle a été l'occasion de faire le bilan de l'année passée, que ce soit sur le plan financier ou des activités réalisées.
Ensuite, l’après-midi thématique a été consacrée aux enjeux humains et familiaux de l’installation des jeunes agriculteurs, entre le Jura et Madagascar. La classe de BTS ACS’Agri 1 a assisté à cet après-midi.
L’après-midi, comme habituellement, a été ouverte par des étudiants de l’établissement avec la restitution d’un projet pédagogique mené avec Afdi sur le sujet. Le projet d’installation à l’épreuve du terrain : aspirations de futurs installés VS bilan de jeunes installés.
Répartis en binômes, les BTS ACS’Agri 1, encadrés par leur enseignante d’éducation socio-culturelle Elena Garnier ont mené une enquête auprès de plusieurs jeunes installés (2 à 4 ans post-installation) sur la manière dont ils se sont appropriés leur projet et quelles priorités et pratiques ils mettent finalement en œuvre au sein de leur exploitation. Ils ont complété cette enquête par des échanges avec d’autres camarades sur leurs prévisions d’installation et les principaux enjeux auxquels ces derniers s’attendaient à faire face. Cinq étudiants sont donc montés sur scène pour représenter leur camarades et évoquer la diversité des témoignages balayés par l’enquête, complétés d’extraits audio des interviews. Stratégie globale d’exploitation, relations avec les futurs associés ou le cédant, anticipation du changement climatique, équilibre vie pro – vie perso, nouvelles technologies, appui des OPA et intérêt de bien connaître son modèle économique et ses propres chiffres… L’enquête a permis aux jeunes de se confronter à une diversité de profils et de questions à prendre en compte concrètement dans leur futur projet d’installation.
L’après-midi s’est ensuite poursuivie direction Madagascar avec premièrement, le visionnage d’une vidéo d’information sur un partenaire d’Afdi BFC, l’organisation paysanne MTF, localisée au Nord de Madagascar en région Diana, qui s’investit dans l’installation des jeunes. La vidéo comprenait le témoignage de son président mais également de plusieurs jeunes agriculteurs accompagnés (environ 5 par an avec une dotation de 700 000 ariary équivalent à 150 €). Elle a permis aux participants et notamment aux BTS présents, de mieux visualiser le système agricole local, manuel et basé sur le riz et la canne à sucre. La vidéo a ensuite été commentée par Etienne Degay, qui a présenté le contexte du partenariat.
Ensuite, l’assemblée a accueilli en visioconférence la chercheuse Perrine Burnod, spécialiste des questions foncières malgaches, affiliée au Cirad – Centre International de Recherche Agronomique pour le Développement et détachée à l’Université d’Antananarivo. Avec plusieurs autres chercheurs malagasy et français, elle a fondé le think tank Tany visant à mener des recherches sur les enjeux de l’installation des jeunes et de l’accès au foncier à Madagascar afin de contribuer à l’élaboration de politiques agricoles adaptées. Un état des lieu quantitatif via le croisement de diverses bases de données existantes vise actuellement à combler l’absence de recensement agricole récent à Madagscar et à mieux renseigner l’évolution de l’accès à la terre pour les jeunes au cours du temps et en comparaison de leurs ainés.
Elle a donc rappelé la jeunesse de la population malgache, dont les trois quarts de la population a moins de 35 ans, qui implique l’arrivée chaque année de 500 000 jeunes ruraux sur le marché du travail et mécaniquement une augmentation du nombre d’exploitations, divisées par héritages, contrairement au contexte français de concentration des fermes. La surface moyenne est en diminution depuis plusieurs décennies pour atteindre 0,6 ha en moyenne actuellement. Cette situation implique une saturation des bas-fonds propices à la riziculture irriguée et majoritairement occupés par les ainés, une extention vers les coteaux (tanety) et des migrations forcées à l’intérieur du pays de plus en plus importantes, de même que des stratégies de mise en valeur atypiques et de dernier recours, à l’image d’un jeune enquêté aménageant sa propre parcelle par apports de terre, à partir d’un rocher plat en bordure de cours d’eau.
Elle a également abordé la dimension familiale de l’accès à la terre : l’héritage d’une parcelle autonome de l’exploitation familiale n’a lieu qu’à partir de la mise en couple des jeunes, en priorité les hommes. Don qui en revanche implique pour le couple de contribuer à part entière aux obligations de contributions sociales / mécanismes de solidarité liées à la famille élargie, sur son propre revenu. La balance potentiel de revenu / contreparties envers la famille peut parfois être défavorable. Avant, une parcelle de « mise en jambe » peut être mise à disposition temporairement par la famille. 86 % des jeunes de 15 à 35 ans sont propriétaires, mais en moyenne de surfaces moindres que les plus agés. 40% possèdent moins de 0,5 ha (d’une valeur qui équivaut à plus d’un an de salaire d’ouvrier agricole). Les jeunes recourent aussi à l’achat de terres mais ces transactions se font au maximum au sein d’une même famille élargie. Le faire-valoir indirect (fermage / metayage) permet en moyenne de doubler la surface exploitée mais la conccurence est rude et il faut souvent pouvoir céder la somme associée bien en amont de la saison principale de culture.
Ainsi, pour les jeunes agriculteurs, la constitution d’un premier revenu et de l’épargne nécessaire passe souvent par les petits élevages à cycle court (volailles, porcins) pour se constituer le pécule nécessaire. Enfin, elle rappelle l’intérêt de cibler les jeunes agriculteurs dans le cadre de l’appui au développement, car elle représente une population importante et particulièrement vulnérable.
La dernière partie de l’après-midi a été consacrée à l’accompagnement des enjeux humains dans les exploitations en société dans le Jura, qui ont concerné plus des deux tiers des installations en 2025. Problématique clef pour la perennité des exploitations collectives entre proches, où les enjeux économiques et de gestion sont intimement liés aux dynamiques familiales.
Françoise Pagnier, formatrice à l’ADFPA du département, a présenté les modalités d’accompagnement existantes après avoir rappelé les essentiels du parcours à l’installation. Ont été évoqués le « GAEC à l’essai », qui permet un accompagnement sur un an en amont de l’installation pour commencer à travailler en conditions réelles avec ses associés envisagés, la formation collective « Réfléchir son projet de société » proposée dans le cadre du parcours installation à certains profils, et son extension spécifique pour les couples, proposé post-installation. Une formation spécifique personnalisée existe également pour les exploitations qui souhaiteraient traiter leur seul cas entre associés.
Françoise Pagnier a ensuite détaillé le contenu et les apports de la formation « Réflechir son projet de société » qui en 21h30, amène les associés à clarifier leurs fonctionnements et aspirations personnelles ainsi que le « fond commun » qui fonde leur projet collectif. Elle aborde également les bonnes pratiques de communication et d’organisation du travail qui permettent de prévenir et désamorcer les conflits. Les aspects juridiques, fiscaux et financiers sont abordés avec comme fil rouge la rédaction du règlement intérieur de la société. Cette présentation, assortie du retour d’expérience de la formatrice, a été particulièrement pertinente pour la classe de BTS présente dans le public.
« Je suis agriculteur sur le canton de Bletterans dans le Jura, en élevage laitier (Comté et Morbier) avec mon frère. J’ai fait plusieurs mandats au bureau des JA départementaux et mon engagement s’est terminé en 2020. J’avais depuis longtemps eu l’idée d’intégrer Afdi après la fin de mon parcours syndical.
Au départ, je pensais surtout participer à des réunions afin de mieux comprendre le fonctionnement et le rôle d’Afdi que j’ai connu à travers d’autres collègues JA. Mais, Etienne Degay m’a appelé en mai dernier pour me proposer de partir en mission à Madagascar au mois de septembre. Après avoir calé l’emploi du temps et les vacances avec mon frère, j’ai rapidement accepté cette opportunité. Même si je ne me sentais pas légitime d’emblée, car je ne connaissais ni Madagascar, ni MTF, j’ai pu assister à des rencontres en amont de la mission qui m’ont permis d’avoir des éléments sur le contexte avant le départ.
La mission avait pour buts de rencontrer les jeunes agriculteurs récemment installés par MTF et d’évaluer la viabilité de leur projet après la phase d’accompagnement à l’installation, ainsi que de faire un suivi du partenariat avec MTF démarré en 2020 ce qui a été fait par des rencontres avec le technicien et avec les élus.
J’ai particulièrement apprécié l’accueil et l’attention apportés par les malgaches qui nous ont accueillis. Il y a eu beaucoup d’échanges, on sentait qu’ils étaient heureux de nous faire visiter leurs fermes et de faire découvrir leurs productions que ce soit du riz, de la banane, des volailles ou encore de la vanille. J’ai été surpris en particulier par l’état des routes : sans un 4x4, impossible de rouler. Un simple trajet peut parfois prendre des heures.
J’en garderai en tout cas un très bon souvenir, ces 10 jours passés sur place m’ont permis de mieux comprendre le fonctionnement de MTF, mais également celui d’Afdi, dans son action d’appui aux OP. Pendant la mission, nous avons d’ailleurs évoqué la volonté d’organiser un voyage d’études dans le Nord de Madagascar sur la fin 2023, afin de faire découvrir l’agriculture malgache et les organisations paysannes. Ce voyage pour une dizaine de personnes serait ouvert en priorité aux JA jurassiens, mais pourrait également s’ouvrir à d’autres personnes. Une belle opportunité pour découvrir d’autres formes d’agriculture à l’autre bout du monde. »
1 rue des Coulots
21 110 Bretenière
03 80 48 43 27